Spongieuses trémulations

Spongieuses trémulations,
Fatalistes pulsions d’irréel ;
Dédales de fissures,
Tyrannie du médiocre ;

Chuintement sur le gravier,
La ville désolée et atone
Sourde d’une épicanthique menace,
Lenteur incertaine du mouvement ;

Prophylactique bouffée de pensée,
Distinction parmi les ombres ;
Fébrile inaction,
Une aurore lasse macule le ciel.

Silence long comme le jour

Silence long comme le jour,
Solitude du toucher,
Blême univers
Se décompose dans la brume ;

Aquatique ombre,
Indéfinissable écume,
Bourre d’humanité
Sur l’alexithymie du souvenir ;

Froissement amorcé par la brise,
Effleurement de sampan
Sur la mutique Pangée,
Ce n’était qu’hier.

Sourire sanguinolent

Sourire sanguinolent
Balafre le visage
Impassible à jamais,
Parapet éberlué sur un vide abyssal ;

Purulente douleur
Dans l’interstice des silences,
Charisme du croquemitaine…
Amadou minaude,

Pudique audace,
Acerbe oubli,
Ahanante évaporation
Sur partition de célesta.

Mesure et chaos

Mesure et chaos,
Pulvérulente rodomontade,
Fuligineuse longanimité
En muets phylactères ;

Ellipse sans mystère
D’une trop longue nuit ;
Cumulus s’insinuent
Dans un ciel sans oiseau ;

Machiavélisme vibrionnant
Dans l’oblique lumière,
Fangeux cerveau
Ralingue dans le vent.

Fétide haleine

Fétide haleine
Du factotum,
D’une écume de fumée,
Embrume la herse ;

Coup de semonce
D’extrême obligeance,
Arbres têtards,
Blêmes cicatrices ;

Singulière villanelle
D’une aube chassieuse,
Ictère frissonnante
D’un printemps autophage.

Euphoriques bacchanales

Euphoriques bacchanales
Au seuil du trépas,
Effluente jubilation,
Obscure obnubilation ;

Langue des oiseaux
Hante le phonographe ;
Organigramme d’obéissance,
Sarcophage de déshérence ;

Pruine blanchâtre,
En lunule zootrope,
Anime le paillis ;
Trains de nuages m’emportent.

Physionotrace émotionnel

Physionotrace émotionnel
Arrondit les angles de la peur,
Vent frais sur la nuque de l’attentisme,
Autodafé au vent noir ;

Engluée dans le continuum du temps,
Amnésie antérograde
Sous un soleil pointilliste,
Mélange rassurant d’union et d’isolement ;

Ricochets de rires se dispersent,
Haubans de lumière balayant ma vue ;
Murmuration des oiseaux,
Étincelles messianiques sur le zinc.

Passé valdingué

Passé valdingué en ma catalepsie
Comme marée d’équinoxe,
Pandémoniaque écho ;
Orgie de mollesse

Sous un cardé de nimbus,
Brume spectrale
D’une agitation stipendiée,
Codicille d’une antique volonté ;

Aérostière rêverie
M’aspire dans le bleu ;
Pantographe oublié
Dessus la bifide ramure.

Nue inique

Nue inique,
Mouvante myriapode,
Libellistes et sycophantes
Pacagent leurs brassées d’épines ;

Griffures charbonneuses
Sur la ouate des cieux,
Vague et aigu de l’instant ;
Le jour s’éteint ;

Murmures d’animalcules,
Nonchaloir à la brune,
Pyxide acmé
Dans un fouillis d’étoiles.

À bout de souffle

À bout de souffle, une étoile filante s’est éteinte,
Banc de nuages frissonne comme forêt de trembles.
Que ne s’usent les obsessions,
Logorrhéiques scélératesses ;

Souvenirs en essaim,
Plus bruyants que des trombones,
Peuplent la fièvre obsidionale
De séditieuses cantharides ;

Nostalgie obsidienne,
Intarissable péronnelle,
Fais-toi muette
Comme mascaron de fontaine.

Guette le retour du temps

Guette le retour du temps,
Plantée là,
En supination,
Offrant le suc à la poussière ;

Pâle lueur vacille au front de la nuit,
Sagace concaténation,
Insomniaques sornettes,
Fantasme de lycanthropie ;

Volent les ombres tels les oiseaux,
Luisance sur l’asphalte exsudant des pleurs ;
Attente du nocher…
Léger vague à l’âme.

Matutinale musique

Matutinale musique,
Pluie distraite,
Péan accagnant,
Erre de colère…

Disphagie sous la marquise
À l’obsolescence des chimères ;
Brouillard comme très lent nuage
Vibrionne en mouvements d’ombres ;

Aphanoptères pensées,
Proches alliées de la folie,
Accouchent d’un attentisme
En belle déhiscence.

Petrichor dans les ondoyants

Petrichor dans les ondoyants ;
Herbes hautes et chardons,
Pampilles de bruine
Comme moiteur de fièvre ;

La ville se nourrit de l’usure…
Pestilence d’un mesmérisme,
Pentacle brandi face au pavé
Déserté par la peur ;

Nuit projetée à la fenêtre
Pétrifiée par l’hiver,
Collision civilisée,
Atmosphère utérine dans l’Atrium.

Tout est poursuite du vent

Tout est poursuite du vent,
Son de métal tendu ;
Dans un néant brumeux
L’imagination colore l’abîme ;

Les circonstances ont mis les voiles
Et le soleil s’effondre,
Régicide, au sein du conclave ;
Gasp dans un air salin ;

Insectes grignotent les murs,
Vert cristallisé par le gel.
Vivre par la boule de cristal, périr par le verre brisé ;
Verbatim.

Fouets de pluie

Fouets de pluie dans un ciel épais,
Voiles liquides comme étendards du vent ;
Faiseuse de veuves
Sur envolée de catadioptres.

Le temps s’est fait la malle,
Ronces silencieuses comme dents acérées
Grignotent une terre à l’haleine glacée ;
Photons immobiles ;

Cristallin d’une pensée résonne sourdement
Dans un plus que silence,
Clapotis clivé
Sur les berges fripées.

Épiphanie

Épiphanie d’une disparition…
Bruits assoupis,
Espoir infrangible,
Lame de lune rougie ;

Noirceur mâchonnée
D’une psyché assiégée ;
Rugit la bravoure
Au vent spectral ;

Gouttes fumantes,
Diplopie scintillante ;
Les voix s’étirent
Dans une épectase.