Mon allant fait buisson creux

Mon allant fait buisson creux
Dans ce silence anthropocène ;
Voix de rogomme
Comme mer indocile ;

Aménité orichalque ;
Horizons pénombreux ;
Trébuchant sur les marcottes
D’une ire houleuse ;

Aux lueurs troubles et laiteuses de l’aube ;
Scalène d’une inspiration trop forte ;
Tollé dans cette torve plénitude ;
Baste ! Je me ferai cicérone d’un chambardement !

Accorte résilience

Accorte résilience ;
Clé dynamométrique de nos résistances ;
Espérance du jusant ;
Nuages soudés par la clarté lunaire ;

Mer ourlée de brisants ;
Uchronie d’un espoir déçu ;
Friselis d’une page tournée ;
Nostalgie chronophage ;

Nuages soudés par la clarté lunaire ;
Glauques luisances ;
Embossons nos émotions
Et notre gaupe apathie.

Nodosités du temps

Nodosités du temps ;
Feutré d’une lourde et antique poussière ;
Dans une pénombre verte ;
Cri crépusculaire d’engoulevent ;

Quinquet, sanglante phalène ;
Chicane l’horizon maussade !
Suffit de se répandre en jérémiades ;
Dans les aîtres de nos pensées ;

Forçons le débonnaire à se déboutonner ;
Culbutons le folâtre ;
Soyez maudits, échevins ;
Dansons follement sur les tertres.

Clarté lunaire

Clarté lunaire s’accrochant en reflets bleuâtres ;
Trait de feu à fleur de brume ;
Lueur rousse sur l’horizon d’Est ;
Vilebrequin, troue ce miroir piqué !

Silence citadin lourd et méphitique ;
Calme banturle et félon ;
Imaginaire réduit à pauvre paréidolie ;
Lucanes agitent leurs mandibules ;

Tendresse absurde du vert ;
Bourgeons hypertéliques ;
Yeuse boudeuse, privée d’adorateurs…
Sacrée barcasse !

Anicroche de l’existence

Anicroche de l’existence ;
Murmure contrit de clabaudage ;
Atmosphère mesquine et tapageuse de la ville ;
Senteurs suries et graillonneuses prennent la bande…

Tosse notre barque ;
Adieu algarades ;
Criailleries, médisances ;
Le nœud gordien est tranché ;

Atrabilaires et vaines fumées ;
Envolés !
Grèbes, tout à coup flamboyants ;
Font obvier au sinistre.

La bruine ternit les perspectives

La bruine ternit les perspectives ;
Passants miteux et résignés ;
Tendus comme torons ;
Dans un brouillard de poussière liquide ;

Instables comme grandes dolines
Sur le miroir humide des pavés ;
Visages de galalithe songeurs ;
Perdus dans un monde inique ;

Gourmandise d’amarante ;
Dans ce décor usé ;
Virole sur l’ambition larvée ;
Scintillement heureux entre deux gerbes d’eau sale.

Qui vive ?

Qui vive ?
Au vent malsonnant ;
Zézayant un appel ;
Piaille la feuillée ;

Pensées confuses
Lourdes de certitudes prochaines ;
Muid à raz plein
Sous l’ondée ;

Marchant l’amble
Vers la vie rouge d’un grand feu ;
Lumières palpitent
Dans mon œil voilé.

Frimas valétudinaires

Frimas valétudinaires ;
Poussah égrotant ;
Potentat sur la déclive ;
Dernière pichenette sur ton visage mafflu !

Sous les nuages soigneusement frangés ;
S’affolent les mornes tarets ;
S’aiguise la vision géodésique ;
Dans un bruit aigre de soie déchirée ;

Vent coulis gourmande l’artimon ;
Le pavé bleu sonne creux sous mes pas ;
Quittons cette gibbosité nocturne ;
Aux âcres relents cynégétiques.

Ruisselle l’eau du ciel

L’eau du ciel ruisselle des ramures noires ;
Tavelure, fatale moisissure ;
Ombres bleues, redoutables comme des gouffres ;
Parade fantoche daubant le triste hiver ;

Dans une gloire de poussière ;
Des profondeurs obscures ;
Guivres nichés dans les grumes ;
Résonne une voix de Rogomme ;

Nuées hagardes sur l’aile grise du vent ;
Moignons de souches, hérissent le sol lisse et gras ;
Humus libéré de son froid linceul ;
Maudits parages… Brasille la haute feuillée !

La lumière fond

La lumière fond sur les trottoirs mouillés ;
Gerbes liquides et aventurines ;
Fantôme dans la fenêtre ;
Fondu dans les grisailles du soir ;

La pluie jase ;
Ridant le caniveau ;
Branches nues, maigres panaches ;
Fouettent des pans épars de fumées humides ;

Reflet brouillé et blanchâtre ;
Longue silhouette ;
Cœur au bout des doigts ;
Lisse et sourd comme un caillou.

La nuit martèle les toits

La nuit martèle les toits ;
Parmi les buées ;
Mains pendant aux poignets de ma veste ;
Je frissonne au Noroit ;

Solénoïdes cérébraux ;
Au guéret de la mémoire ;
Taraudent mon cortex ;
Peu me chaut ;

Pâleur de primevères ;
Comme avenue d’ombrelles ;
Berce mon amnésie ;
Au son mélancolique des brisants.

Démence télestique

Démence télestique ;
Bacchanale incarnadine ;
Extravagance pléthorique
Dans un décor monochrome ;

Grêles bouleaux argentés
Comme queues de basilic ;
Grondement de flots sombres
Heurtant un granit maussade ;

Révélée par le jusant ;
Fifre dérisoire et joyeuse musette ;
Vibre la sente odorante
Dans une houle de thyrses.

Lointain frémissant

Lointain frémissant ;
Nuit traversée d’étoiles ;
Respiration behavioriste ;
Quelque peu saccadée…

Des profondeurs boueuses de la conscience
Cahotent des sursauts discursifs ;
Vapeurs aptères d’un fantasque optimisme ;
Caresse brumeuse et apaisante…

La houle veloutée des collines ;
De pourpre vire au gris ;
Dans le silence éloquent
D’un espoir épiphyte.

Cipier de métal

Cipier de métal ;
Pâle turpitude ;
Senteurs moribondes
D’anciennes splendeurs agrestes ;

Comme œil sanglant ;
Lumière lenstique
Virant du rouge au noir ;
Fume déjà l’héliographe,

Au songe du grand jour tremblant de midi,
Tordant le cou à l’éloquence ;
Le tambour de coaltar
Résonne d’un espoir tenace.

Un fol

Qu’un fol s’en sèvre m’importe peu ;
Cœur poussif, rétif à l’allant ;
Englué de cendres grasses ;
Car je m’enfuis…

Une barre de feu raye l’ombre ;
Poudroiement de pourpre
Dévoilant l’insolite
Et tout ce qui s’ensuit ;

Clartés de lune sur les épaules ;
Ma nuit s’étoile ;
Expire le fantôme de l’échauguette
En un râle fétide.

Tourbillon

Tourbillon de métempsychoses ;
Fracas entartré d’odeurs fétides ;
Bousculent cette étendue sans mystères
Aux pallides flammes de marécage ;

La lune à son déclin,
Rôde sur l’horizon,
Parangon de gabelou
À l’affut des fraudeurs ;

L’orgueil, vaincu et navré ;
Moud des mélodies à faire grincer le Temps ;
Rires et sanglots morganatiquement liés,
Pare-toi, Alchimie toquée, la fête est à venir !

Bonne mélancolie

Bonne mélancolie ondule
Comme chaland scabreux ;
Chuintement plaintif,
Désolation rudérale ;

Dans le noir sommeil,
Théorie sénile d’architecture citadine ;
Un cristal givreux se hérisse,
Proximité rassurante ;

La bonté s’en allait…
Anaglyphe sur les ombres tragiques,
Mort bleue ;
Quand un vert d’ortie s’empara des décombres.

Bruit moiré

Bruit moiré d’un matin tranquille,
Remugle d’abandon.
Baume poivré,
Le néant m’observe.

L’estacade tait son reflux,
Siffle un vent ironique,
Tire-laine d’un espoir enfantin ;
Le brouillard s’ébroue.

Tombe la pluie,
Flaques de rouille végétale
Luisant comme lunes déchues,
Je me rendors au son du sistre.

Sommeille toujours

Sommeille toujours, calme ennemi,
Tinte en mon pavillon
Ton crépitement ocreux ;
Ligne sombre sur mon ciel brouillé.

Bile éparse au vent du matin ;
Clarté lunaire ruisselant sur la nuit ;
Fabuliste en suaire d’aube glacée,
Je tavèle le sol de quolibets pointus.

Se tait tout soudain le vent cognant sur la muraille
Flots morts d’une mer devenue immobile ;
Suffit de m’enténébrer, inerte pisé,
Je me fais fugitive de ta parcimonieuse égide.