Dessiccation

Dessiccation…
Chuchotements
Des lignes maigres,
Cambium dissous ;

Phatiques absurdes,
Perlite en berne,
Apnée de la pensée,
Vertige !

Clartés hygroscopiques
Sur la fuite des Édiles ;
Bourdonnements bachiques
Aux vitres des ouvroirs.

Soleil plongeant

Soleil plongeant
Étire l’ombre bleue
D’un monde fondu,
Ondulant en lignes basalte ;

Étrange synallagmatique
D’un crépuscule ardent,
Trainées de cirrus
En message cunéiforme

D’un flou brutal,
Mélodie noire d’averse ;
Horizon au tire fil
Se noie d’incertitude.

Diffraction

Diffraction…
Phosphorescence laiteuse,
Effluve alliacé ;
Quelqu’un ?

Me voici, HaHa ;
Arrière, suspicion fangeuse ;
Alchimie joyeuse,
Anime ce désert d’Homoncules !

Poussière de graphite
Dessine des silhouettes,
S’illumine le noir dédale
D’une enivrante vapeur nitreuse.

Feuillée de sinople

Feuillée de sinople ;
Las défilé d’une mémoire
Dans le silence
Des yeux rougis.

Tavelure d’un sourire brisé ;
Clair de lune glissant sur l’épaule
Argutie de caresse,
Cacique nostalgie.

Nuée d’encre, j’avance ;
Linge étendu
Comme voiles ou linceuls,
Dans un rugissement de récifs.

Du Campanile délabré

Du Campanile délabré
Je contemple la mesnie ;
Dérobade lipothymique
D’une présence évanouie.

S’éteint lentement la rumeur du temps
Sous la constellation ancillaire ;
À la mémoire, cramponnée,
Comme à l’espoir ignifère ;

Pauvreté liquide et bonasse
D’une acceptation séide ;
Aride acquiescement de la volonté
Dans l’ombre fraiche et confuse.

Lestée de tristesse

Lestée de tristesse
Âme dans les poings, enserrée ;
Au crépuscule cendré
D’un jour bien trop long ;

Brume auprès,
Lorgne mon tillac ;
Douceur captieuse
D’une palangre argentée.

Lamaneur assoupi
Au jardin de posidonies ;
Vestige d’un dénouement…
Régulus égratigne l’obscur !

Rayonnement de la ville

Le rayonnement de la ville
Tue les étoiles ;
Appuyée à la lisse,
Je guette la lueur

D’un petit jour,
Mauvais par bêtise ;
Sur une eau si étale
Qu’elle en semble solide,

Dans une nuit si calme
Qu’on entend nos souvenirs rouiller ;
Mon cœur est à Carthagène

Et ma colère, dans la Mer des Sargasses.

Vous pouvez découvrir ici les textes écrits par Frédérique Torrès — metteuse en scène de “ La Compagnie des Dérisionnaires”— qu’elle met également régulièrement en ligne sur sa page Facebook : Frédérique Torrès-Théâtre

Mon âme vacille

Mon âme vacille ;
Touries d’encre et d’acide ;
Magie prévaricatrice
Aux boues mouvantes ;

Tadornes crient bas
Au Lebeche dissonant ;
Éblouissante allégresse
d’une impitoyable sérénité ;

Fatale poussière
Rague ma mémoire ;
Impéritie d’une trêve ;
Au Tournefort de ma peine.

Du levant au ponant

Du levant au ponant
Fuyant l’endogamie
D’un horizon confiné,
Nez levé au noroît ;

Enkystée dans des temps morts,
Frileuse, l’œil rougi aux amers
Misaine, misaine,
Cœur à pible ;

Pétaudière chérie
Libère-moi du transept ;
Xylophages gourmands
Faites disparaître ma cabane !

Spectacle des Dérisionaires

Voici le spectacle que nous n’aurons hélas pas le bonheur de vous présenter cette année.
Mais, c’est officiel, nous prenons rendez-vous avec vous pour Juin 2021 !
Un clin d’œil plein de tendresse aux comédiens privés de dessert : Xavier Babiarz (Bizarre Biavax), Hélène Berthoz, Vincent Bosc, Jérémie Boudinet, Marco Bouillon, Anaïs Cadeau, Sophie Lambert, Amandine Capra, et Laureline Pascal…
Un coucou affectueux et nostalgique à l’adorable Christophe Lecomte qui aurait dû nous accueillir pour notre dîner de dernière à La Ravigote. Nous ne serons pas chez toi le 7 Juin, très cher Christophe, mais ça n’est que partie remise !

Mots d’encre

Mots d’encre
Comme mer ténébreuse
Sous la nue éphélide,
Persilleuse émérite ;

À la proue du brigantin
Le dictame
Illumine le pouacre ;
Agitation babillarde

D’une vie vert-de-grisée ;
Collimation têtue
D’une étrave mélancolique
Au remous familier.

Monde trouble et purotin

Monde trouble et purotin,
Chuintement atrabile,
Chuchotement mouillé
D’un reflet terni ;

Les peurs ensauvagent ;
Engourdissement perisprit,
Fatigue et petits pas,
Gestes phagocytés ;

L’esprit tourneboulé ;
Ficelles à zygomatiques effilochées ;
J’observe la décarrade à chanstiquer,
Du haut de l’apophyse.

Mon allant fait buisson creux

Mon allant fait buisson creux
Dans ce silence anthropocène ;
Voix de rogomme
Comme mer indocile ;

Aménité orichalque ;
Horizons pénombreux ;
Trébuchant sur les marcottes
D’une ire houleuse ;

Aux lueurs troubles et laiteuses de l’aube ;
Scalène d’une inspiration trop forte ;
Tollé dans cette torve plénitude ;
Baste ! Je me ferai cicérone d’un chambardement !

Accorte résilience

Accorte résilience ;
Clé dynamométrique de nos résistances ;
Espérance du jusant ;
Nuages soudés par la clarté lunaire ;

Mer ourlée de brisants ;
Uchronie d’un espoir déçu ;
Friselis d’une page tournée ;
Nostalgie chronophage ;

Nuages soudés par la clarté lunaire ;
Glauques luisances ;
Embossons nos émotions
Et notre gaupe apathie.

Nodosités du temps

Nodosités du temps ;
Feutré d’une lourde et antique poussière ;
Dans une pénombre verte ;
Cri crépusculaire d’engoulevent ;

Quinquet, sanglante phalène ;
Chicane l’horizon maussade !
Suffit de se répandre en jérémiades ;
Dans les aîtres de nos pensées ;

Forçons le débonnaire à se déboutonner ;
Culbutons le folâtre ;
Soyez maudits, échevins ;
Dansons follement sur les tertres.

Clarté lunaire

Clarté lunaire s’accrochant en reflets bleuâtres ;
Trait de feu à fleur de brume ;
Lueur rousse sur l’horizon d’Est ;
Vilebrequin, troue ce miroir piqué !

Silence citadin lourd et méphitique ;
Calme banturle et félon ;
Imaginaire réduit à pauvre paréidolie ;
Lucanes agitent leurs mandibules ;

Tendresse absurde du vert ;
Bourgeons hypertéliques ;
Yeuse boudeuse, privée d’adorateurs…
Sacrée barcasse !

Anicroche de l’existence

Anicroche de l’existence ;
Murmure contrit de clabaudage ;
Atmosphère mesquine et tapageuse de la ville ;
Senteurs suries et graillonneuses prennent la bande…

Tosse notre barque ;
Adieu algarades ;
Criailleries, médisances ;
Le nœud gordien est tranché ;

Atrabilaires et vaines fumées ;
Envolés !
Grèbes, tout à coup flamboyants ;
Font obvier au sinistre.