Fouets de pluie

Fouets de pluie dans un ciel épais,
Voiles liquides comme étendards du vent ;
Faiseuse de veuves
Sur envolée de catadioptres.

Le temps s’est fait la malle,
Ronces silencieuses comme dents acérées
Grignotent une terre à l’haleine glacée ;
Photons immobiles ;

Cristallin d’une pensée résonne sourdement
Dans un plus que silence,
Clapotis clivé
Sur les berges fripées.

Épiphanie

Épiphanie d’une disparition…
Bruits assoupis,
Espoir infrangible,
Lame de lune rougie ;

Noirceur mâchonnée
D’une psyché assiégée ;
Rugit la bravoure
Au vent spectral ;

Gouttes fumantes,
Diplopie scintillante ;
Les voix s’étirent
Dans une épectase.

Quolibets et anicroches

Quolibets et anicroches,
Trilobites d’un monde déchu ;
De certitudes en mièvrerie
Vaquent les ombres inquiètes ;

Rayon de lune aux paupières
Fond en un glaçage galalithe,
Nappant le paysage pétrifié ;
Flots lourds de paroles…

Crépite la pluie sur le cuivré des trottoirs,
Résonance de tous les combats ;
Ambré d’hubris,
Un arbre dénudé grésille.

Naphte incandescence

Naphte incandescence…
Au fournil du cœur,
La pâte pétrie de l’esprit
Trouve quelqu’un à haïr ;

Blanche gelée poudre les ombres,
Amour en déshérence,
Lumière butyreuse
D’une nostalgie anatife ;

Sur l’iridescente promesse
de rapines vagabondes ;
C’est l’au revoir venteux
À un estran aveugle.

Visages cabossés

Visages cabossés
Éructent une complainte,
Résonance d’âmes
Aux cadenas rouillés ;

Copeau de lune,
Échappé d’astre écarlate,
Nuages amarrés à la tourbe,
Dérive mon vaisseau de brume…

Dans la tiédeur crémeuse,
Paisible argenté du carillon,
Gémit le malengroin,
Ciel creusé, à la cime des cyprès.

Fi des iniquités

Fi des iniquités,
Chicots d’une âme acariâtre ;
Douceur pusillanime
D’une opprobre endogène,

Élingueur de broutilles
Sous la rousse Séléné,
Aphorisme d’une trêve
En un abscons lancinant ;

Au ponton des fourvoiements
Je guette la calembredaine,
Houle badine,
Regimbe d’euphorie.

Psittacisme

Psittacisme d’une vie empêtrée
Ourlée de stupéfaction,
Réflexion marbrée de sophisme,
Avanie d’une existence en suspens ;

Viride brouillard
Au lacis de la conscience,
Dissensions belliqueuses
D’un torve et vain reproche ;

Flotte un têtu parfum arachnéen,
Béatitude d’un imaginaire circiné
Où s’épuisent mânes et sempiternelles,
Gibbeuses meurtrissures de vindicte.

Sémillants souvenirs

Sémillants souvenirs,
Adjuration de tendresse
Sur une sépulture de chromatides ;
Truisme jubilatoire…

Utopie de nostomanie,
Ladre sérendipité…
Suintantes propitiations,
Sardonique frilosité ;

Anaphase consommée,
Levons l’anathème ;
S’épanouissent billevesées,
Élucubrations et Sornettes !

Instant gravide

Instant gravide
Au temps grenu,
Vision chlorotique
D’un automne carencé ;

Babillards braillards
D’une course sans fond,
Escadre perdue
En un brouillard épais ;

Je me fais boute-feu,
Rodomontades au fleuret ;
Ligneuse, sous la voûte ignée ;
Félonie d’un espoir impavide.

Falotes goguenardises

Falotes goguenardises,
Prolégomènes d’un récit sans saveur,
Élégiaque exhalation
D’une hydre opiniâtre ;

J’ai tamisé la fenêtre de peccadille,
Assourdi la clepsydre ;
La gouttière crevée morigène,
Coudoyant le crépusculaire…

Une coulée de soleil
Occultera le brumeux histrion ;
Sacolève, fleur de talipot,
Me ravisse à la rousseur citadine !

Morguienne

Morguienne !
Rogomme vive ;
Donne de la couleur
Et de l’audace au prote !

Fangeux récit
D’un éveil heureux ;
Hoquet misérable
Du poulpe prodigieux ;

Morphée me ferait-il l’aumône,
Mendigote que je suis,
Je plongerais voluptueusement
Dans la gouleyante nuit.

Heures claires

Heures claires
Me trouvent éccéité ;
Couleuvres en vent coulis
Endormies sous la cendre ;

Fi d’algarades
En ma Thébaïde
Flotte mon calicot ;
HaHa, muscadins !

Scotome de l’âme
À tarasques acoquiné ;
Voyez, fourmis de lumière ;
Ces pénombres évanouies devant ma porte ouverte.

Birbes et haridelles

Birbes et haridelles,
Vélocités ophidiennes ;
Monte la clarté mauve
De votre ignition ;

Fraîcheur de résine,
Lointains d’aquarelle ;
Passe l’échassier mélancolique
En la brève clairière ;

Corolles closes, têtes fripées
Des grands soleils ;
Ces douceurs euphoniques
Bâillonnent vos objurgations.

Auspices fluctuants

Auspices fluctuants ;
Désert rugissant d’averses ;
Tel le mendiant orgueilleux
Dégustant sa tartine de miel,


J’écoute s’écouler la diatribe
En rubéfaction sporadique
Déchirant la nue du zénith à l’horizon,
Suspendue à un bout de nuage ;

Le roulement devient sourd ;
Je sinapise ma plaine aride ;
Apaisement de cascatelle ;
Qu’il est bon de rire !

Léger sillage d’échos

Léger sillage d’échos,
Rumeurs lointaines et obsolètes
Bruissent encore
à la lueur des crassets ;

Méphitique stagnation,
Endormissement stercoraire,
Dodelinent au gré de ma phantosmie,
Voici venir la brise ;

Masselote de mes gamberges,
Rostres de mes envies,
Revigorent l’orichalque
Dans ce foisonnement d’aristoches.