Mis en avant

Vous pouvez découvrir ici les textes écrits par Frédérique Torrès —Metteuse en Scène de La Compagnie des Dérisionnaires— qu’elle met également régulièrement en ligne sur sa page Facebook : Frédérique Torrès-Théâtre

Dessiccation

Dessiccation…
Chuchotements
Des lignes maigres,
Cambium dissous ;

Phatiques absurdes,
Perlite en berne,
Apnée de la pensée,
Vertige !

Clartés hygroscopiques
Sur la fuite des Édiles ;
Bourdonnements bachiques
Aux vitres des ouvroirs.

Soleil plongeant

Soleil plongeant
Étire l’ombre bleue
D’un monde fondu,
Ondulant en lignes basalte ;

Étrange synallagmatique
D’un crépuscule ardent,
Trainées de cirrus
En message cunéiforme

D’un flou brutal,
Mélodie noire d’averse ;
Horizon au tire fil
Se noie d’incertitude.

Diffraction

Diffraction…
Phosphorescence laiteuse,
Effluve alliacé ;
Quelqu’un ?

Me voici, HaHa ;
Arrière, suspicion fangeuse ;
Alchimie joyeuse,
Anime ce désert d’Homoncules !

Poussière de graphite
Dessine des silhouettes,
S’illumine le noir dédale
D’une enivrante vapeur nitreuse.

Feuillée de sinople

Feuillée de sinople ;
Las défilé d’une mémoire
Dans le silence
Des yeux rougis.

Tavelure d’un sourire brisé ;
Clair de lune glissant sur l’épaule
Argutie de caresse,
Cacique nostalgie.

Nuée d’encre, j’avance ;
Linge étendu
Comme voiles ou linceuls,
Dans un rugissement de récifs.

Du Campanile délabré

Du Campanile délabré
Je contemple la mesnie ;
Dérobade lipothymique
D’une présence évanouie.

S’éteint lentement la rumeur du temps
Sous la constellation ancillaire ;
À la mémoire, cramponnée,
Comme à l’espoir ignifère ;

Pauvreté liquide et bonasse
D’une acceptation séide ;
Aride acquiescement de la volonté
Dans l’ombre fraiche et confuse.

Lestée de tristesse

Lestée de tristesse
Âme dans les poings, enserrée ;
Au crépuscule cendré
D’un jour bien trop long ;

Brume auprès,
Lorgne mon tillac ;
Douceur captieuse
D’une palangre argentée.

Lamaneur assoupi
Au jardin de posidonies ;
Vestige d’un dénouement…
Régulus égratigne l’obscur !

Rayonnement de la ville

Le rayonnement de la ville
Tue les étoiles ;
Appuyée à la lisse,
Je guette la lueur

D’un petit jour,
Mauvais par bêtise ;
Sur une eau si étale
Qu’elle en semble solide,

Dans une nuit si calme
Qu’on entend nos souvenirs rouiller ;
Mon cœur est à Carthagène

Et ma colère, dans la Mer des Sargasses.

Mon âme vacille

Mon âme vacille ;
Touries d’encre et d’acide ;
Magie prévaricatrice
Aux boues mouvantes ;

Tadornes crient bas
Au Lebeche dissonant ;
Éblouissante allégresse
d’une impitoyable sérénité ;

Fatale poussière
Rague ma mémoire ;
Impéritie d’une trêve ;
Au Tournefort de ma peine.

Du levant au ponant

Du levant au ponant
Fuyant l’endogamie
D’un horizon confiné,
Nez levé au noroît ;

Enkystée dans des temps morts,
Frileuse, l’œil rougi aux amers
Misaine, misaine,
Cœur à pible ;

Pétaudière chérie
Libère-moi du transept ;
Xylophages gourmands
Faites disparaître ma cabane !

Spectacle des Dérisionaires

Voici le spectacle que nous n’aurons hélas pas le bonheur de vous présenter cette année.
Mais, c’est officiel, nous prenons rendez-vous avec vous pour Juin 2021 !
Un clin d’œil plein de tendresse aux comédiens privés de dessert : Xavier Babiarz (Bizarre Biavax), Hélène Berthoz, Vincent Bosc, Jérémie Boudinet, Marco Bouillon, Anaïs Cadeau, Sophie Lambert, Amandine Capra, et Laureline Pascal…
Un coucou affectueux et nostalgique à l’adorable Christophe Lecomte qui aurait dû nous accueillir pour notre dîner de dernière à La Ravigote. Nous ne serons pas chez toi le 7 Juin, très cher Christophe, mais ça n’est que partie remise !

Mots d’encre

Mots d’encre
Comme mer ténébreuse
Sous la nue éphélide,
Persilleuse émérite ;

À la proue du brigantin
Le dictame
Illumine le pouacre ;
Agitation babillarde

D’une vie vert-de-grisée ;
Collimation têtue
D’une étrave mélancolique
Au remous familier.

Monde trouble et purotin

Monde trouble et purotin,
Chuintement atrabile,
Chuchotement mouillé
D’un reflet terni ;

Les peurs ensauvagent ;
Engourdissement perisprit,
Fatigue et petits pas,
Gestes phagocytés ;

L’esprit tourneboulé ;
Ficelles à zygomatiques effilochées ;
J’observe la décarrade à chanstiquer,
Du haut de l’apophyse.

Mon allant fait buisson creux

Mon allant fait buisson creux
Dans ce silence anthropocène ;
Voix de rogomme
Comme mer indocile ;

Aménité orichalque ;
Horizons pénombreux ;
Trébuchant sur les marcottes
D’une ire houleuse ;

Aux lueurs troubles et laiteuses de l’aube ;
Scalène d’une inspiration trop forte ;
Tollé dans cette torve plénitude ;
Baste ! Je me ferai cicérone d’un chambardement !

Accorte résilience

Accorte résilience ;
Clé dynamométrique de nos résistances ;
Espérance du jusant ;
Nuages soudés par la clarté lunaire ;

Mer ourlée de brisants ;
Uchronie d’un espoir déçu ;
Friselis d’une page tournée ;
Nostalgie chronophage ;

Nuages soudés par la clarté lunaire ;
Glauques luisances ;
Embossons nos émotions
Et notre gaupe apathie.

Nodosités du temps

Nodosités du temps ;
Feutré d’une lourde et antique poussière ;
Dans une pénombre verte ;
Cri crépusculaire d’engoulevent ;

Quinquet, sanglante phalène ;
Chicane l’horizon maussade !
Suffit de se répandre en jérémiades ;
Dans les aîtres de nos pensées ;

Forçons le débonnaire à se déboutonner ;
Culbutons le folâtre ;
Soyez maudits, échevins ;
Dansons follement sur les tertres.

Clarté lunaire

Clarté lunaire s’accrochant en reflets bleuâtres ;
Trait de feu à fleur de brume ;
Lueur rousse sur l’horizon d’Est ;
Vilebrequin, troue ce miroir piqué !

Silence citadin lourd et méphitique ;
Calme banturle et félon ;
Imaginaire réduit à pauvre paréidolie ;
Lucanes agitent leurs mandibules ;

Tendresse absurde du vert ;
Bourgeons hypertéliques ;
Yeuse boudeuse, privée d’adorateurs…
Sacrée barcasse !

Anicroche de l’existence

Anicroche de l’existence ;
Murmure contrit de clabaudage ;
Atmosphère mesquine et tapageuse de la ville ;
Senteurs suries et graillonneuses prennent la bande…

Tosse notre barque ;
Adieu algarades ;
Criailleries, médisances ;
Le nœud gordien est tranché ;

Atrabilaires et vaines fumées ;
Envolés !
Grèbes, tout à coup flamboyants ;
Font obvier au sinistre.

La bruine ternit les perspectives

La bruine ternit les perspectives ;
Passants miteux et résignés ;
Tendus comme torons ;
Dans un brouillard de poussière liquide ;

Instables comme grandes dolines
Sur le miroir humide des pavés ;
Visages de galalithe songeurs ;
Perdus dans un monde inique ;

Gourmandise d’amarante ;
Dans ce décor usé ;
Virole sur l’ambition larvée ;
Scintillement heureux entre deux gerbes d’eau sale.